Le scandale des écoutes par l'agence américaine NSA va-t-il pousser les membres de l'UE à «européaniser» leurs réseaux ? Angela Merkel, victime directe des grandes oreilles de l'Oncle Sam, compte bien avancer sur le sujet. Mercredi, à l'occasion du Conseil des ministres des deux pays, à Paris, la chancelière entend relancer l'idée d'une initiative franco-allemande. «Nous voulons examiner avec notre partenaire français la possibilité de recourir à des opérateurs européens pour les échanges d'information, a expliqué ce week-end la chancelière. On n'est pas obligé de traverser l'Atlantique pour faire circuler un mail. On peut aussi développer les réseaux européens.»
Fin octobre, Merkel et Hollande avaient annoncé, lors du sommet de Bruxelles, leur intention de présenter une initiative commune sur le dossier. La réunion avait alors été dominée par le scandale dit «Merkelphone», après les révélations selon lesquelles les Etats-Unis auraient, pendant des années, espionné jusqu’au téléphone portable de la chancelière.
De fait, le sujet est hautement sensible en République fédérale. L’Allemagne a connu deux dictatures, et l’espionnage systématique de ses citoyens par la police politique est-allemande, la Stasi, a laissé de profondes cicatrices dans le pays.
Face à la domination américaine d'Internet, via Google, Facebook ou Twitter, l'Allemagne met en avant la possibilité de développer les quelques petits réseaux européens déjà existants pour l'échange de mails. Deuts




