Il y a quelque temps encore, ils étaient dans le pétrole, la construction, les emballages, la boulangerie… Ils ont tout lâché pour un business beaucoup plus prometteur : le cannabis. «On va faire le nouveau Google !» annoncent les plus enthousiastes, dans l'élan qui leur fait, chaque mois, doubler leur production ou leurs points de vente. Depuis la pleine légalisation du chanvre à fumer, manger ou inhaler, entrée en vigueur dans le Colorado le 1er janvier et prévue cette année aussi dans l'Etat de Washington (dans le nord-ouest des Etats-Unis), toute une économie surgit de l'ombre, très vite, attirant passionnés, têtes brûlées et investisseurs avisés.
Le frisson de l'interdit, qui vient tout juste de tomber, est encore là. Certains hésitent même à donner leur nom de famille. Mais des millions de dollars sont à saisir : dans le Colorado, le problème de ces nouveaux barons de la drogue douce est d'abord de réussir à produire assez d'herbe pour ravitailler tous les amateurs, locaux et touristes, qui prennent d'assaut les magasins. «La demande explose, s'étonnent-ils eux-mêmes. On a plus de clients qu'on ne peut en satisfaire !» La marijuana n'a pas encore ses Rockefeller, mais cela ne saurait tarder.
«On a démarré avec huit lampes seulement»
Dans sa vie antérieure, Elliott Klug, 36 ans, rachetait des puits de pétrole au Wyoming, pour y injecter du dioxyde de carbone et en extraire les restes d'huile que les majors ne se donnent pas le mal de pomper. «Je gagnais bien ma vie,




