Annick Coupé, porte-parole depuis 2001 de l'Union syndicale Solidaires, revient, pour Libération, sur la politique sociale et économique du gouvernement.
Le «pacte de responsabilité» tient-il du «marché de dupes» ?
Il pose deux problèmes : c’est une fois de plus une réponse aux demandes du patronat de baisse du coût du travail, après le pacte de compétitivité de l’an passé. Avec toujours cette logique : le patronat revendique toujours plus, le gouvernement cède toujours plus. Ensuite, il laisse entendre une prise de responsabilité du patronat. Mais on ne peut pas dire que les aides et les exonérations diverses et variées depuis vingt-cinq ans, entre 200 et 250 milliards d’euros, aient créé des emplois.
N’assiste-t-on pas, sur le pacte, à un simulacre de négociation ?
C’est toute l’ambiguïté de François Hollande. Il dit qu’une de ses priorités vise à rétablir le dialogue social, avec notamment l’instauration d’une grande conférence sociale… Mais nous ne sommes pas dans un vrai dialogue social où les contradictions s’expriment, où il peut y avoir des compromis dans le cadre de rapports de force. Sur les retraites par exemple, tout était soi-disant sur la table. Mais le gouvernement avait déjà arbitré. Pour équilibrer, il aurait pu au moins faire un geste sur le Smic ou le maintien des salaires dans la fonction publique. Rien.
Qu’est-ce qui distingue ce gouvernement des précédents ?
Pas grand-chose. La première année, avec l’annonce de la conférence sociale, nous avons joué le jeu. Aujourd’hui, ce n’est que du formel et de l’affichage. Quand la prochaine conférence sociale se tiendra, le pacte de responsabilité aura été acté… Ce n’est pas ça, la social




