Le président du groupe BPCE savait-il, en acceptant ce poste, qu'il risquait de violer la loi ? Bombardé patron de la nouvelle entité Banques populaires-Caisses d'épargne début 2009, alors qu'il en avait supervisé la fusion en tant que conseiller économique de Nicolas Sarkozy, François Pérol a été mis en examen le 6 février, pour «prise illégale d'intérêt». «J'ai pris mes responsabilités», a-t-il indiqué ce jour-là au juge Roger Le Loire. Sauf que pantoufler dans une entreprise sur laquelle on a donné «un avis» est passible de deux ans de prison. Pérol en avait-il conscience ? Il a estimé que cela ne posait pas problème, sur la foi de trois avis juridiques. Mais le dossier judiciaire, auquel Libération a eu accès, montre que ces notes (1) étaient prudentes. Et que Pérol, tout comme l'Elysée, étaient très au fait du danger.
Tout commence le 20 février 2009. Les négociations sur la fusion s'achèvent, mais les deux banques s'écharpent sur le nom du futur patron. La décision d'imposer Pérol n'est connue qu'au Château. Dans la soirée, Claude Guéant, le bras de droit de Sarkozy, appelle Olivier Fouquet, président de la Commission de déontologie de la fonction publique. Guéant veut que la commission se prononce d'ici la nomination officielle de Pérol, la semaine suivante. Impossible «aussi rapidement», répond Fouquet. Il accepte seulement de faire une note pour expliquer dans quels cas il est obligatoire (ou non) de saisir la commission.




