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tribune

Un compromis social-démocrate du troisième type

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ParHenri Weber
Député socialiste européen
Publié le 13/03/2014 à 17h06

Depuis le temps, déjà lointain, où elle a cessé d'être révolutionnaire pour devenir résolument réformiste, la social-démocratie européenne marche au compromis. «Entre le capital et le travail, le marché et l'Etat, la liberté (d'entreprendre) et la solidarité», selon la lumineuse formule de Jacques Delors, elle recherche le compromis le plus avantageux possible pour les salariés, qu'elle a vocation à défendre et l'ambition de représenter.

Les contenus concrets de ces pactes sociaux dépendent des rapports de force et des conditions objectives. C'est pourquoi, il n'y a pas un seul, mais plusieurs types de compromis sociaux-démocrates possibles. Pour nous en tenir qu'à la deuxième moitié du XXe siècle, on peut en distinguer trois : les compromis sociaux-démocrates offensifs d'après-guerre (1945-1975) ; les compromis défensifs de crise (1980-2000) ; les compromis adaptatifs à la globalisation (2000-…).

Les premiers coïncident avec les Trente Glorieuses et sont particulièrement favorables aux travailleurs : le mouvement ouvrier social-démocrate reconnaît la légitimité du pouvoir patronal dans l’entreprise et les impératifs de l’économie (sociale) de marché. Il exige en échange que le patronat et l’Etat assurent le plein-emploi, l’augmentation régulière du pouvoir d’achat, la protection croissante des travailleurs contre tous les risques sociaux (chômage, vieillesse, maladie, déqualification…), le développement de services publics diversifiés et de qualité, le ren

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