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Interview

«Il faut modifier notre rapport à la voiture et jouer sur la fiscalité»

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Arnaud Gossement, avocat spécialisé en droit de l’environnement :

Selon Airparif, le trafic routier est la source principale de l'émission de particules fines. (AFP)
Publié le 16/03/2014 à 21h16, mis à jour le 17/03/2014 à 10h42

L’avocat Arnaud Gossement, spécialisé en droit de l’environnement, insiste sur la nécessité d’adopter des mesures préventives de long terme pour lutter contre la pollution de l’air.

La circulation alternée est-elle efficace ?

A très court terme, elle est indispensable. Quand elle a été testée en 1997, avec 20% de voitures en moins à Paris, la pollution avait baissé. En 1996, quand est passée la loi Laure sous le gouvernement Juppé - pas la première loi sur l’air mais celle qui s’applique toujours aujourd’hui -, il y avait un consensus droite-gauche général. Des Verts au PS en passant par le RPR, tout le monde disait qu’en cas de pic de pollution, la circulation alternée était la mesure la plus efficace à court terme. Ce consensus s’est fissuré, et cette mesure apparaît écologiste. Depuis 2009 et le reflux de l’écologie en France, le clivage est à nouveau plus net. Avant, on disait : «On peut être écolo, qu’on soit de droite ou de gauche». Aujourd’hui, quand une mesure est étiquetée écolo, elle suscite des réactions un peu primaires, notamment à droite.

Serait-ce une sorte de «pollutoscepticisme», lié à la montée du climatoscepticisme ?

On voit cela sur Twitter. Il y a une récupération de ce pic de pollution pour imposer une certaine conception de la transition énergétique sur le mode «ce n’est pas le modèle allemand, c’est-à-dire la sortie du nucléaire, mais au contraire le renforcement de la part du nucléaire, la lutte contre les énergies renouvelables…» C’est amusant, car c’est complètement à côté de la plaque. Sauf si demain on avait la possibilité de faire en sorte que tous les véhicules soient élec

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