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Affaire Tapie : après l’avoir mouillé, Lagarde lave Richard

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Selon le PV de la confrontation organisée par la Cour de justice de la République, auquel «Libération» a eu accès, l’ex-ministre dédouane largement son ancien dircab.

Christine Lagarde, alors ministre de l’'Economie et son directeur de cabinet Stéphane Richard, à l'Elysée en octobre 2008. (Photo Sébastien Calvet)
Publié le 02/04/2014 à 18h06

Leur confrontation s'annonçait explosive. Le 19 mars, la Cour de justice de la République (CJR), chargée d'enquêter sur le rôle de Christine Lagarde dans l'affaire Tapie en 2007-2008, a confronté l'ex-ministre de l'Economie à son directeur de cabinet de l'époque, Stéphane Richard. L'actuel patron d'Orange y est allé remonté comme une pendule. D'abord parce qu'il est mis en examen pour «escroquerie en bande organisée» dans le volet non ministériel, tandis que Lagarde, «décisionnaire» de l'arbitrage désastreux qui a permis à Tapie de récupérer 405 millions d'euros aux frais du contribuable dans l'affaire Adidas, est seulement «témoin assisté». Ensuite, parce que l'actuelle patronne du Fonds monétaire international avait mouillé Richard devant les juges, au point de leur donner l'essentiel des charges qui ont motivé sa mise en examen. Mais le procès-verbal de la confrontation, auquel Libération a eu accès, montre que le duel n'a pas eu lieu. Car Lagarde a finalement choisi de blanchir largement Richard. Elle a aussi réaffirmé sa propre innocence, même si elle a confessé quelques mensonges.

«Griffe». Lagarde avait ainsi dit aux juges que Richard ne lui avait pas transmis une note d'août 2007 de l'Agence des participations de l'Etat (APE), qui déconseillait formellement l'arbitrage. Alors même qu'elle avait déclaré l'avoir lue «avec intérêt» devant la commission des finances de l'Assemblée en septem

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