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Libération

La douane face à la fronde

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Les syndicats dénoncent un relâchement des contrôles en faveur des entreprises.

Publié le 10/04/2014 à 19h46

La colère des douaniers ne retombe pas. Cela fait déjà dix mois que la quasi totalité de leurs syndicats se bat contre le «projet stratégique douane 2018» (PSD) concocté par leur direction. La dernière journée de grève nationale, le 20 mars, a mobilisé plus d'un agent sur deux. Des actions locales ont également eu lieu la semaine dernière à Roissy et au Havre. Les syndicats dénoncent un «désarmement» de la douane, au profit des entreprises et des fraudeurs.

«Incitation». Il faut dire que le PSD annonce la couleur. A cause de la concurrence organisée par Bruxelles entre les douanes européennes, près de 20% des produits importés en France sont en fait dédouanés ailleurs, avec à la clé des pertes d'emplois dans la logistique tricolore. Le PSD veut lancer la «reconquête du dédouanement» en accélérant le passage des marchandises et en facilitant la vie des transporteurs. La philosophie ? «Contrôler moins pour contrôler mieux.» Ce chantier est un «levier essentiel de compétitivité pour nos entreprises», assénait François Hollande en février.

«C'est une incitation à la fraude encouragée par Bruxelles. C'est au pays qui donnera le plus de facilités», déplore Vincent Thomazo, de l'Unsa. La douane veut par exemple multiplier le nombre d'«opérateurs agréés», qui disposent de facilités en échange d'audits périodiques. «Dans les faits, ces transporteurs vont complètement échapper aux contrôles.

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