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Uramin, un rachat par pertes et délits ?

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Nucléaire . Une enquête préliminaire relance les soupçons sur l’acquisitionde la minière par Areva.

Publié le 11/04/2014 à 19h26

L'affaire Uramin est de retour. Comme l'a révélé l e Monde, une enquête préliminaire a été ouverte sur le rachat en 2007, pour 1,8 milliard d'euros, de cette société minière canadienne par le géant français du nucléaire Areva, dirigé alors par Anne Lauvergeon (1). La transaction a tourné au désastre financier pour Areva, qui a dû déprécier fin 2011 la quasi-totalité de la valeur de la société, soit une perte sèche de 1,8 milliard. Sans compter les centaines de millions investis dans les trois gisements d'Uramin (en Namibie, Afrique du Sud et Centrafrique). Leur exploitation n'a jamais démarré, à cause de leur faible teneur en minerai, de difficultés techniques et de la chute des cours de l'uranium.

Délit d'initiés. Un audit interne d'Areva et un rapport parlementaire avaient tous deux conclu en 2012 à des «dysfonctionnements» en matière de gouvernance , mais à l'absence de manœuvres frauduleuses. Ce n'est manifestement pas l'avis de la Cour des comptes, qui doit rendre en mai un rapport sur le sujet. Avant même qu'il ne soit bouclé, la cour a transmis un signalement au parquet national financier, qui a ouvert une enquête. Confiée à la brigade financière de la police judiciaire parisienne, elle porte sur des soupçons de «faux et usage de faux» , «présentation ou publication de comptes inexacts ou infidèles» et «diffusion d'informations fausses ou trompeuses».

De nombreux soupçon

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