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Libération

A propos du sous-Smic de Pierre Gattaz

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ParIoana Marinescu
professeure d’économie à la Harris School of Public Policy de l’université de Chicago.
Publié le 28/04/2014 à 18h06

Le 15 avril, Pierre Gattaz, président du Medef, a proposé la création d'un Smic inférieur pour les jeunes. La proposition a été vivement critiquée, notamment par l'ex-présidente du Medef, Laurence Parisot, qui a fait savoir par Twitter que «proposer un salaire en dessous du Smic s'apparente à une logique esclavagiste».

Le Premier ministre, Manuel Valls, a aussi jugé utile de clarifier, le 16 avril, que le plan d'économies envisagé par son gouvernement ne doit pas «remettre en cause notre modèle social et nos règles sociales, et notamment, le Smic».

Réagissant à cette polémique, Gattaz a précisé, le 17 avril, qu'il souhaite qu'on étudie l'idée d'«un Smic intermédiaire temporaire qui serait complété par un abondement de l'Etat de type RSA [revenu de solidarité active] qui permettrait aux populations extrêmement défavorisées, au chômage de longue durée, de pouvoir retrouver un pied dans l'emploi sans éventuellement perdre du pouvoir d'achat».

Alors, justement, parlons-en !

D’un point de vue économique, ce que Gattaz propose est équivalent à une subvention à l’embauche versée aux entreprises. Par conséquent, il n’est pas nécessaire d’introduire un quelconque Smic intermédiaire. On arrive au même résultat avec une généreuse subvention aux entreprises qui baissent le coût du travail pour les populations défavorisées. En ce sens, Gattaz fait de la provocation, peut-être avec l’intention de remettre en cause le Smic, ce que ses détracteurs lui reproch

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