Nouveau gros coup de tabac pour 600 marins de MyFerryLink à Calais : l’Angleterre veut interdire le port de Douvres à l’unique compagnie battant encore pavillon français sur la Manche, pour cause de concurrence déloyale. C’est ce qu’a affirmé hier l’autorité de la concurrence britannique dans une décision préliminaire, qui deviendra effective dans un mois. MyFerryLink, ex-SeaFrance, aura alors six mois pour se plier à cette exigence, ce qui veut dire mettre la clé sous la porte.
«Je trouve cela inadmissible et injustifié, enrage la maire UMP de Calais, Natacha Bouchart. Les Britanniques prennent en otage le Calaisis.» Pour cette élue qui se débat avec un taux de chômage de 17%, il s'agit d'un potentiel «massacre de l'emploi». Surtout que MyFerryLink est devenu un exemple : après des débuts difficiles, la société a réussi en deux ans à capter 10% du marché du fret et 6% du trafic voyageurs sur le transmanche. Une victoire a posteriori, pour les anciens SeaFrance qui ont cru à la Scop, créée sur les cendres de leur ancienne compagnie après une liquidation judiciaire mouvementée. Ce sont eux, en effet, qui font naviguer les bateaux de MyFerryLink appartenant à Eurotunnel. «Ils sont courageux, ils ont réussi à se relever, il faut une reconnaissance des efforts réalisés», estime Natacha Bouchart. Et de lancer un appel au Premier ministre. Frédéric Cuvillier, secrétaire d'Etat chargé des Transports, a déjà exprimé sa volonté d'engager le gouverne




