Reconstitution de ligue dissoute. Hier, Jean-Cyril Spinetta et Anne Lauvergeon (1), respectivement anciens présidents du conseil de surveillance et du directoire d'Areva, ont tenu conférence de presse commune pour répliquer à un prérapport peu aimable de la Cour des comptes. Ils ont déjà été entendus par les magistrats de la rue Cambon et espèrent infléchir le contenu du rapport final. Mais comme sa première version a fuité dans les Echos, ils entendent se défendre publiquement. «J'ai pris l'initiative» de ce raout médiatique, proclame Spinetta, occupant principal du crachoir. «Je n'avais pas besoin d'avocat», ajoute Lauvergeon, première visée par la Cour des comptes. Une cour qui s'est fendue d'un signalement au parquet, entraînant l'ouverture d'une enquête préliminaire sur le fiasco Uramin, cette société canadienne exploitant des gisements africains achetée en 2007 à prix d'or (1,8 milliard d'euros), dont la valeur actuelle est proche de zéro et qui n'ont jamais été exploités.
Sous sa présidence, Spinetta aurait été «le premier, si nécessaire, à saisir le procureur de la République» en cas de problème, a-t-il assuré. Et de prophétiser que les gisements d'Uramin «feront un jour partie des plus beaux actifs d'Areva». En attendant cette mirifique perspective, plongeon dans le cambouis.
<




