Hier, l’action EDF a reculé, à 27 euros… soit très au-dessus de sa valeur en juin 2013, à 17,10 euros. Anecdote boursière ? Plutôt le signe que le rapport de la Cour des comptes sur le coût de l’électricité d’origine nucléaire, publié hier, ne bouleverse pas l’économie du secteur. Que dit ce rapport ?
Des coûts de production en hausse
En mettant à jour son travail de 2012 sur les «coûts passés, présents et futurs de la production d'électricité nucléaire», la Cour des comptes a réévalué son «coût courant économique» à 59,80 €/MWh, soit 16% de plus en euros constants qu'en 2010. L'origine de cette hausse provient pour l'essentiel des investissements décidés par EDF sur les centrales en activité dans le cadre de grands travaux - le «grand carénage» - destinés à démontrer à l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) le bien-fondé d'un allongement de leur utilisation après quarante ans d'exploitation. L'objectif officiel visé est de cinquante ans, mais la direction d'EDF pense tout bas à soixante ans, une durée déjà ciblée par les exploitants américains, dont 73 centrales plus anciennes équipées d'une technologie similaire ont déjà une autorisation d'aller à soixante ans. Une autre partie résulte des prescriptions de l'ASN imposée à la suite de la catastrophe de Fukushima Daichi (Force d'action nucléaire rapide, renforcement des protections, dispositifs supplémentaires d'ultime secours…). S'y ajoute un rattrapage dans les dépenses de mainten




