Patrick Bolton est professeur de finances à l’université Columbia de New York. Il revient sur le climat général «antibanques» aux Etats-Unis.
La justice américaine veut-elle faire un exemple avec la BNP ?
Probablement pas. Si Citibank ou JP Morgan Chase étaient prises à contourner l’embargo sur l’Iran ou un autre pays, la pénalité serait au moins aussi sévère, sinon plus. Ces deux dernières années, les autorités américaines ont entrepris beaucoup de poursuites contre les banques américaines, qui ont eu à payer des pénalités souvent assez lourdes, pour toutes sortes d’infractions. On ne peut pas dire qu’elles visent les banques étrangères plus que les américaines.
N’y a-t-il pas tout de même une dimension politique ? Après avoir été plutôt généreuse avec les banques américaines, l’administration Obama a besoin de se montrer intransigeante…
Ce qui est sûr, c’est que le climat a changé pour les banques aux Etats-Unis. Non seulement à la Maison Blanche, mais aussi au Congrès, même chez les républicains, les hommes politiques doivent se montrer exigeants. L’opinion publique est très remontée contre les banques, en raison de la façon dont la crise financière de 2008 a été résolue : on est intervenu généreusement pour sauver les banques, et beaucoup moins pour les ménages, notamment ceux qui ont dû abandonner leurs maisons.
Qu’est-ce que BNP Paribas a bien pu faire pour mériter une amende de 10 milliards de dollars ?
Ce que je lis entre les lignes, c’est que les autorités américaines ont probablement identifié des personnes précises à l’intérieur de la BNP qui ont autorisé les transactions avec des pays sous embargo américain. Les Américains veulent sans doute forcer la banque à prendre des sanctions internes.
Pourquoi BNP Paribas libelle ces transactions en dollars ?
La question est tout à fait pertinente pour le management de BNP Paribas. Des avertissements n’ont pas dû ê




