Il est un point sur lequel experts et autres observateurs de la politique monétaire de la BCE étaient tous d’accord hier : Mario Draghi, alias «Super Mario», vient de sortir la grosse artillerie. Il faut dire que l’Italien n’a pas lésiné sur les moyens. Il est vrai que la plus grande menace planant au-dessus de la zone euro s’appelle déflation. Et sombrer dans la déflation, c’est être confronté à une maladie économique orpheline (ou presque) de thérapie. Il y a trois semaines, les dirigeants de la BCE, plus inquiets que jamais, avaient clairement laissé entendre qu’ils agiraient dès leur prochaine réunion. C’est fait. Pour autant, si le poids de l’arsenal monétaire mis à la disposition du système financier de la zone euro est relativement important, personne ne se risque à prendre le moindre pari quant à son efficacité.
Peur. La première mesure de Mario Draghi était attendue. La BCE a abaissé son taux de refinancement à 0,15%. C'est l'outil principal à sa disposition pour influer sur la distribution de crédits par les banques et donc jouer sur le niveau des prix et l'activité économique. Auparavant, il était à 0,25%. Les banques vont donc payer moins cher pour se refinancer auprès de la BCE. Une telle mesure se traduit par une baisse des taux de crédits accordés par les banques aux particuliers et autres entreprises. Du moins en théorie. Dans la pratique, c'est une tout autre histoire. Car les taux de la BCE ont beau frôler 0%, et ce depu




