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Récit

Les cheminots entre épuisement et radicalisation

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Le mouvement a été reconduit pour 24 heures, dimanche, mais le taux de gréviste faiblit de jour en jour.

Des voyageurs sur un quai de la gare de Lyon à Paris le 15 juin 2014, jour de grève à la SNCF (Photo Fred Dufour. AFP)
Publié le 15/06/2014 à 20h07

Pourrissement. Les conducteurs, catégorie la plus mobilisée de la SNCF, quittent un à un le conflit. Une source officieuse faisait état dimanche matin, au cinquième jour du mouvement, d'un taux de 35% de conducteurs grévistes. Soit 20 points de moins qu'au premier jour, où une grosse majorité de conducteurs (55%) avait stoppé le travail. Ce recul léger, mais réel, n'atteste pas pour autant d'une sortie de crise. Mais plutôt d'une radicalisation. Dimanche, partout où des AG se sont tenues, à l'appel de SUD rail et de la CGT, elles ont reconduit le mouvement. Le ton du communiqué commun des deux centrales, publié vendredi soir et accusant la direction et le gouvernement «d'acharnement médiatique et de désinformation», ne laissait guère de doute.

La radicalisation est d'abord celle de la CGT : «La CGT renoue avec ses démons. Rebonjour la culture du conflit !» persifle un connaisseur du rail. Le retour à la méthode de la grève pour obtenir satisfaction est brutal. Elle fait suite à une période de calme relatif, qui coïncide avec le départ de Didier Le Reste, emblématique patron des cheminots cégétistes et figure statufiée de l'ancienne garde, et l'arrivée de Gilbert Garrel, représentant des nouvelles générations, venu de l'encadrement et plus ouvert au compromis. Cette pacification se traduit dans les chiffres : le nombre de jours de grève par agent est passé de presque 4 en 2010, à 0,49 en 2011 et 0,55 en 2012.

«C'est sidérant».

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