Devant leur usine de Gémenos, près de Marseille, quelques ouvriers se détendent cet après-midi-là. Ils jouent à la pétanque, avec des tee-shirts qui rappellent leurs «1 336 jours de lutte». Ils sont comme à gué, à mi-chemin entre deux bagarres. Fralib, qui fabriquait thés et infusions, a failli fermer quand son propriétaire, Unilever, a voulu délocaliser la production à Bruxelles et en Pologne. Ils se sont battus et, après bientôt quatre ans de combat, ils vont pouvoir lancer leur coopérative, reprendre l'activité (lire également dans le supplément Ecofutur l'enquête sur «Le temps des reprises»), le tout avec l'aide d'Unilever, qui versera près de 20 millions d'euros.
L'Internationale a retenti dans l'usine et des larmes ont coulé quand l'accord a été annoncé, puis signé le 26 mai. Depuis, si les ouvriers se détendent un peu, leurs représentants savent que le plus dur commence. Il faudra réussir la Société coopérative ouvrière de production de thés et infusions (Scop TI), affronter la concurrence, plonger en première ligne dans l'économie de marché. Avec pour bagage le savoir-faire, quelques leçons politiques tirées de ces quarante-quatre mois de lutte et ces aides copieuses d'Unilever.
Le groupe va verser 100 000 euros à chacun des 76 ouvriers qui restaient mobilisés (les autres avaient accepté au fur et à mesure des indemnisations moins importantes) et certains réinvestiront partiellement dans la Scop où ils devraient être 50 à 60 coopérateurs. Dif




