Airbus et Air France vont sans doute se retrouver sur le banc des prévenus dans l'affaire du crash du vol AF 447 Rio-Paris. Les juges d'instruction Sylvia Zimmermann et Yann Daurelle ont annoncé mercredi aux parties civiles, lors d'une réunion au palais de justice de Paris, qu'ils «disposaient des éléments suffisants pour ordonner le renvoi en correctionnelle d'Air France et d'Airbus», mis en examen pour «homicides involontaires», a indiqué à Libération un participant. Les juges «nous [l']ont très fortement laissé entendre […], à tel point que c'est pour nous une certitude», a confirmé à l'AFP Alain Jakubowicz, avocat de l'association Entraide et Solidarité AF 447.
Délai. Les magistrats ont indiqué que leur enquête était bouclée. Ce qui ouvre un délai durant lequel les parties peuvent faire des demandes ou des contestations. Suivront les réquisitions du parquet, puis la décision (de renvoi ou de non-lieu) des juges. Les magistrats devront aussi attendre que la cour d'appel tranche le recours en nullité déposé par Air France pour contester le rapport de contre-expertise du 30 avril, réalisé à la demande d'Airbus.
Ce document avait ulcéré le Syndicat national des pilotes de ligne, Air France et les familles des victimes. Cette contre-expertise chargeait en effet presque exclusivement les pilotes. Et minimisait les facteurs structurels du crash de l’Airbus A330, notamment les défauts des sondes Pit




