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Vent mauvais sur les fermes bio

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ParFlorence La Bruyère
Budapest correspondance
Publié le 06/07/2014 à 18h06

Chaque printemps, le lin couleur crème, la luzerne mauve et le blé ondulaient en attendant la moisson. Mais la récolte n’aura pas lieu cette fois : elle a été saccagée. Quelques épis rescapés émergent, solitaires, entre des empreintes de pneus de tracteurs. Le lin bio a fini haché sous leurs roues. A une soixantaine de kilomètres au sud de Budapest, la ferme écologique de Kishantos s’est muée en champ de bataille. Gérée par une structure associative, elle cultivait en bio 452 hectares loués à l’Etat.

Vigiles. Mais en 2012, le Fonds national foncier (NFA) ne renouvelle pas son bail. Il découpe les terres en 10 parcelles et relance un appel d'offres. Kishantos participe en vain : tous les lots sont attribués à de nouveaux bailleurs. «Pourtant, selon la loi, l'Etat doit louer en priorité aux exploitants bio et aux centres éducatifs. Or nous sommes l'un et l'autre», déclare Éva Ács, directrice de Kishantos. En 2013, elle conteste les résultats devant les tribunaux. Et refuse de quitter les terres tant que les procès sont en cours. Mais le 12 avril, avant même que la justice ne tranche, une poignée de nouveaux bailleurs ont détruit les récoltes, soutenus par le Fonds national foncier, qui a fait venir des vigiles pour bloquer les routes. L'un des nouveaux «exploitants» a planté du maïs non biologique. Le champ voisin a été attribué à un autre bailleur, grossiste en textile. Il a saccagé la récolte mais n'a pas replanté. Comme il l'exp

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