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Interview

«Il n’y a eu aucune attaque sérieuse contre la finance»

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Benjamin Coriat, membre des Economistes atterrés, plaide pour des investissements publics dans l’écologie et l’énergie.

Dans une salle de transactions, à Wall Street. (Photo Spencer Platt. AFP)
Publié le 13/07/2014 à 20h06

Benjamin Coriat est professeur d'économie à l'université Paris-XIII. Il coanime le collectif des Economistes atterrés, qui milite pour «d'autres politiques économiques» et plaide pour un large «débat citoyen».

Les récentes déclarations d’Arnaud Montebourg annoncent-elles un changement de cap de la politique économique ?

Le ministre de l’Economie semble dresser le constat d’échec des politiques en cours : tous les indicateurs sont au rouge. Cela marque aussi les dissensions à l’intérieur de la majorité. Montebourg se positionne, sans vraiment le dire, sur l’idée qu’il faut rééquilibrer la politique budgétaire du côté de la demande. Concrètement, au lieu d’attribuer 90% des baisses d’impôts aux entreprises et 10% aux ménages, il propose une règle des trois tiers. Un tiers serait affecté à la réduction du déficit public, un second tiers à la baisse des prélèvements obligatoires sur les entreprises et un dernier tiers à la baisse de la pression fiscale des ménages afin d’améliorer leur pouvoir d’achat.

C’est une voie alternative ?

Non, mais il semble appeler de ses vœux un changement de cap. Rappelons que des députés socialistes, dans leur «Appel pour plus d’emplois et de justice», vont plus loin. Ils estiment que la réduction des impôts de 46 milliards d’euros ne doit pas être attribuée pour 90% aux entreprises, mais à 50-50 entre entreprises et ménages.

Deux ans après son élection, le Président, qui voulait réussir «le redressement dans la justice», a-t-il tout faux ?

Il va droit à l'échec. Plus personne ne parle de l'inversion de la courbe du chômage alors que nous avons cinq millions de chômeurs toutes catégories confondues. Montebourg enregistre cet échec. Mais il continue de croire que grâce aux allégements d'i

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