My Ferry Link, la compagnie maritime créée sur les cendres de SeaFrance, ne mourra pas en décembre. C’était pourtant ce que craignait Jacques Gounon, le PDG d’Eurotunnel, lors de la présentation du bilan semestriel. A jouer les prophètes de malheur, il a réussi son coup : tous les regards se sont à nouveau tournés vers l’autorité de la concurrence britannique (CMA).
Elle l'a réaffirmé en juin : Eurotunnel est en situation de monopole sur le lien transmanche, entre Calais et Douvres, à la fois sous terre, en exploitant le tunnel sous la Manche, et sur mer, avec sa filiale My Ferry Link. Du coup, la CMA a menacé : si dans six mois Eurotunnel n'abandonne pas le maritime, Douvres fermera ses quais aux ferries de My Ferry Link. Interdiction d'accoster, ce qui signifie la mort de la compagnie et le licenciement des 600 salariés de la Scop SeaFrance, chargée de l'exploitation de la ligne. Drame social assuré dans la région de Calais, où le taux de chômage atteint 16,3%. Six mois, cela nous mène bien en décembre. Mais ce que Jacques Gounon faisait mine de ne pas savoir, c'est que les deux appels déposés contre cette décision de la CMA, ceux d'Eurotunnel et de la Scop SeaFrance, sont suspensifs. Rien ne bougera tant que tous les recours ne seront pas épuisés. «Pour nous, il n'y a pas vraiment de nouveauté, confirme Michaël Oliveri, syndicaliste FO à la Scop. Gounon a sans doute voulu mettre la pression sur le gouvernement ou le CMA. Car dire que les navires peuvent s'arrê




