Menu
Libération
Récit

L'Argentine replonge

Réservé aux abonnés

Le pays n’a pas réussi à trouver un accord avec les fonds vautours et se retrouve en défaut de paiement.

«Non au paiement de la dette», mardi à Buenos Aires. (Photo Marcos Brindicci. Reuters)
ParMathilde Guillaume
(Correspondante à Buenos Aires)
Publié le 31/07/2014 à 7h38

«Ils nous demandaient quelque chose qu'on ne pouvait pas leur donner.» Le ministre argentin de l'économie, Axel Kicillof, l'a annoncé cette nuit lors d'une conférence de presse au consulat argentin de New York: après un mois de négociations serrées suivant près de dix ans de bataille juridique rangée, l'Argentine n'a pas réussi à trouver un accord avec les fonds vautours en possession de 1% de sa dette privée, et se retrouve donc en défaut de paiement. Un défaut d'un genre nouveau, certes. Baptisé au débotté défaut technique, partiel ou sélectif parce qu'il désigne une situation encore jamais vue, mais défaut tout de même. Et porteur de bien mauvaises nouvelles pour le pays sud américain à l'histoire récente déjà marquée par les crises. La dernière, datant de 2001, porte en son sein les prémisses de celle qui s'annonce.

A l’époque, l’Argentine à bout de souffle se déclare en cessation de paiement de tous ses créanciers. Plus un centavo ne leur sera versé, Buenos Aires lèche ses plaies. Puis à force d’ingéniosité, d’imagination et de politiques sociales ambitieuses, le pays se redresse. Il parvient à se libérer de ses dettes envers les organismes internationaux tels que le FMI et la Banque Mondiale, mais surtout à restructurer une partie de sa dette privée, qui s’élevait alors à 90 milliards de dollars. 92% des détenteurs de bons argentins acceptent en 2005 puis en 2010 les conditions de Buenos Aires et allègent leurs créances de près de 70%. C’est le fameux «canje».

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique