«Soyez tranquilles, tout cela est très étudié.» Il y a trente jours, alors que le compte à rebours vers le défaut venait d'être initié à New York par le juge Thomas Griesa, le jeune ministre de l'Economie Axel Kicillof, favori de la présidente Cristina Kirchner, tentait d'afficher un calme rassurant, pourtant contredit par son teint verdâtre et une sudation très excessive pour l'hiver austral. Après les nombreuses preuves de bonne volonté données à l'égard des marchés internationaux les mois antérieurs, l'Argentine ne s'attendait pas à un jugement défavorable.«Le gouvernement était convaincu que le juge Griesa lui accorderait plus de temps, analyse le politologue Rosendo Fraga. Il ne s'était tout simplement pas préparé à une autre éventualité, et ça s'est vu.»
Face au choc, la présidente Kirchner a adopté une stratégie radicale, en érigeant le litige en cause nationale. Le lendemain, Buenos Aires s'est réveillé tapissé d'affiches proclamant «la patrie ou les vautours». Une manière de créer une sorte d'union sacrée contre un ennemi commun, avec la chef de l'Etat en pasionaria, symbole de résistance. «Un calcul malin à l'intérieur des frontières puisqu'il désamorçait d'avance toute critique de l'opposition, assimilée automatiquement aux vautours, reprend Rosendo Fraga. Mais pour la négociation à New York, cette posture intransigeante n'a pas aidé à trouver un accord.»
L'Argentine n'a pas cédé d'un pouce aux propositions faite




