Pour Juan Carlos Rodado, responsable de la recherche Amérique latine chez Natixis, le défaut de paiement de l’Argentine risque de fragiliser encore plus un pays déjà en difficulté.
Comment le défaut va-t-il affecter l’Argentine ?
Le pays était déjà en récession, et la situation budgétaire s’est dégradée au cours des dernières années. L’inflation, par ailleurs, est particulièrement forte (39% selon les sources privées). Bref, ce défaut intervient alors que la situation économique est déjà calamiteuse. L’Argentine continue donc de porter un sérieux risque juridique. Pour l’instant, il s’agit de rembourser 1,5 milliard de dollars (1,1 milliard d’euros) aux fonds vautours qui ont refusé la restructuration de la dette souveraine. Si, comme NML Capital (filiale d’Elliott Capital) et Aurelius, le reste des fonds récalcitrants demandaient à être remboursés à 100%, l’Argentine devrait trouver 20 milliards de dollars.
Les récalcitrants vont donc réclamer 15 à 20 milliards de dollars ?
Oui, ils le pourraient. Mais le pire des scénarios serait celui où les porteurs d’obligations restructurées se mettent eux aussi à réclamer l’intégralité de leurs créances. Ce qui ferait grimper l’addition à 120 milliards de dollars. L’Argentine n’a évidemment pas les moyens de faire face à ce risque : les réserves ne dépassent pas 29 milliards de dollars.
Ce défaut va-t-il affecter les entreprises argentines ?
Oui, par ricochet. Les entreprises pourraient avoir de plus en plus de mal à se financer sur les marchés financiers internationaux, sauf à payer des taux d’intérêt très élevés. Elles vont se retrouver coincées entre deux situations : d’un côté un marché interne atone, d




