Ne dites pas : «Après avoir connu un début de frémissement, la zone euro est plombée par une croissance atone [1% en 2014, ndlr], et est menacée par la déflation.» Mais éludez, comme Mario Draghi, le patron de la Banque centrale européenne : «Si l'on veut détecter un signe dans les données publiées ces deux-trois derniers mois, on peut dire qu'il y a eu un ralentissement dans la dynamique de croissance.»
N'osez surtout pas : «Les politiques d'austérité généralisées sont un échec fracassant et obèrent toute vraie baisse du chômage.» Mais ressassez plutôt, comme il l'a fait jeudi, cette antienne libérale : «Les pays qui mènent des réformes structurelles s'en sortent mieux et [les efforts doivent] monter en puissance pour améliorer le potentiel de croissance de la zone euro.»
Et surtout, ne reprenez pas la sortie de Larry Summers, l'ancien secrétaire d'Etat au Trésor américain, sur l'euro : «Avoir une monnaie commune sans autre chose en commun a été un échec.» Mais évoquez juste le haut niveau de l'euro qui sape les exportations : «Les fondamentaux pour des taux de change plus faibles sont meilleurs qu'il y a deux ou trois mois.» Ou dites que la déflation ne menace pas vraiment, puisque l'inflation à 0,4% en juillet est «essentiellement imputable aux prix de l'énergie».
Du coup, la BCE ne change rien : taux directeur maintenu à 0,15% (un plus bas historique), taux de dépôt à -0,10% (pour que l'argent irrigue l'économie




