Un autre mur est en passe de se fissurer en Allemagne. Après des années de modération salariale, qui ont contribué à la compétitivité du pays, l’heure est à la hausse des rémunérations. Officiellement, parce que le taux de chômage, très bas, le permet. Officieusement, pour éviter aussi que la machine économique ne cale. Car, comme en France, la croissance outre-Rhin commence à faire grise mine. Le chiffre du deuxième trimestre, qui doit être dévoilé ce jeudi, devrait être très faible, voire négatif, selon certains économistes. Couplé à une inflation poussive (+0,8% en juillet), ce ralentissement fait craindre une possible déflation, comme dans le reste de la zone euro.
Pour faire face à ce risque, l'Allemagne mise donc sur les hausses de revenus. Dans une interview, donnée fin juillet au quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung, le président de la Bundesbank, Jens Weidmann, estime ainsi que les salaires en Allemagne ont une marge de progression de 3%. Un chiffre qui correspond à une inflation de 2% attendue à moyen terme, et à des gains de productivité de 1%. «Dans toute une série de secteurs et de régions, nous sommes quasiment en situation de plein-emploi», explique le responsable de la banque centrale allemande. Avant d'avertir, cependant, que toute hausse inconsidérée serait «un mauvais service à rendre à la zone euro». Selon le Spiegel, l'économiste en chef de la «Buba», Jens Ulbrich, aurait même rencontré, fin juin, les représentants




