Un comité antiphoques ? Mais qui veut donc la peau de ces braves bestioles ? Dans la baie d’Authie (Pas-de-Calais), la jumelle en miniature de sa voisine, la baie de Somme, ce sont les pêcheurs de toute obédience, à pied, en mer, professionnels et amateurs, qui clament leur ras-le-bol et craignent pour leurs prises. Ils se sont fédérés dans un Collectif de défense contre la prolifération des phoques gris et des veaux marins, les deux espèces de phoques présentes. Ceux-ci sont capables, c’est vrai, d’ingurgiter tous les jours jusqu’à 4 kilos de poissons par tête de pipe. Leurs seuls prédateurs sont l’orque, le requin - absents de ces contrées… - et l’homme, qui les a longtemps chassés pour leur peau, leur graisse et leur viande.
Mais, depuis 1972, l'espèce est protégée, et le phoque batifole sans risque aucun, après avoir frôlé la disparition dans les eaux françaises entre la fin du XIXe siècle et les années 70. Du coup, la colonie croît. En août, Picardie Nature, une association qui veille sur eux, en a compté 620 sur la façade maritime, entre le Pas-de-Calais et la Somme. Jacky Karpouzopoulos, président de la Coordination mammalogique du Nord, au service des mammifères sauvages, le reconnaît : «En cinq ans, le stock de veaux marins a augmenté de 30%, mais aujourd'hui, leur nombre se stabilise. En revanche, le phoque gris, c'est 30% d'augmentation chaque année, et il continue de progresser.» Il ne représente pas le gros des troupes, mais c'est lui le masto




