C’est une décision de justice qui illustre une nouvelle fois la guérilla menée par les taxis contre les voitures de transport avec chauffeur (VTC, ex-véhicules de tourisme avec chauffeur). Mardi, saisi par une centrale de taxis, un tribunal de Francfort a carrément interdit à la compagnie américaine Uber d’exercer son activité sur tout le territoire allemand.
Institution. Depuis leur apparition en Europe il y a près de deux ans, les VTC, alternatives aux taxis traditionnels, n'ont cessé de subir les foudres de ces derniers. Implantée dans 42 pays, avec une présence forte dans la région Asie-Pacifique, Uber a été attaquée lors de son arrivée en Europe, en premier lieu à Londres, où les cabs sont une institution. En Allemagne, son plus gros marché européen, Uber était jusque-là présent dans cinq villes, dont Berlin et Francfort. Et la firme californienne prévoit de s'implanter cette année dans deux nouvelles villes, Stuttgart et Cologne. Dans chacune de ces métropoles, les taxis se sont tournés vers la justice, avec quelques décisions favorables. Mais, jusqu'ici, les arbitrages juridiques ne valaient que localement. Et en faisant appel, Uber avait réussi à en suspendre l'application.
Face à la décision du tribunal de Francfort qui lui infligera 250 000 euros d'astreinte pour chaque infraction constatée, la start-up californienne ne désarme pas. La preuve dans la bouche de Pierre-Dimitri Gore-Coty, directeur Europe de l'Ouest d'Uber




