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Libération
Interview

«Ce qui était valable pendant les Trente Glorieuses ne l’est plus»

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Philippe Aghion, professeur d’économie à Harvard, proche de François Hollande.

Publié le 10/09/2014 à 19h56

Proche de François Hollande, professeur d'économie à Harvard, Philippe Aghion vient de faire paraître Changer de modèle (Odile Jacob), coécrit avec Elie Cohen et Gilbert Cette. Selon lui, seules de vraies réformes structurelles permettront de renouer avec une croissance.

Vous avez conseillé François Hollande. Or, les résultats économiques sont catastrophiques, n’est-ce pas la preuve d’un échec de ces politiques ?

Nous étions plusieurs à dire qu’il y avait une urgence absolue : changer de modèle de croissance. Et pour cela, il fallait d’emblée mettre en chantier des réformes structurelles d’envergure. Avec trois big-bangs. D’abord une véritable réforme territoriale de l’Etat. Deuxièmement : modifier en profondeur les marchés des biens et services en s’attaquant aux rentes anticoncurrentielles. Enfin, un big-bang social, où les partenaires sociaux se mettent d’accord sur le périmètre du droit social public garanti par l’Etat. Et tout ce qui ne relève pas de ce périmètre est négocié au niveau des entreprises.

Vous continuez donc à penser qu’il faut plus de flexibilité ?

Nous avons perdu deux ans. Nous avons besoin de ces réformes pour endiguer la désindustrialisation, pour mettre fin au déficit commercial et à l'investissement en berne. Il s'agit de tout faire pour baisser certains prix sur certains marchés. Le faire, c'est redonner du pouvoir d'achat, c'est faire repartir la consommation, c'est in fine créer des emplois. C'est favoriser le retour de la croissance.

Vous maintenez votre position qui consiste à soutenir l’offre plutôt que la demande ?

Ceux qui pensent qu’on relancera l’économie en favorisant uniquement la demande se trompent. Le faire sans la moindre réforme structurelle, tant sur le marché des biens et services que sur celui de la for

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