«Nous lançons un message d'alerte.» Mercredi matin, le patron de RTE (Réseau de transport d'électricité, la filiale d'EDF qui gère les réseaux de très haute tension), Dominique Maillard, a tiré la sonnette d'alarme. La France pourrait manquer d'électricité en cas d'hiver froid, dès 2016.
Que craint RTE ?
RTE est chargé par la loi de surveiller l'équilibre entre l'offre et la demande d'électricité. Jusqu'à présent, son exercice de prospective à court et moyen termes se terminait toujours avec l'assurance que, même en cas d'hiver rigoureux (ayant un risque sur dix de survenir), le pays disposait d'assez d'électricité, produite ou importée, pour «passer la pointe». Le système électrique français est en effet marqué par une «thermosensibilité due au chauffage électrique» d'environ 2400 MW (mégawatt) par degré de moins l'hiver, précise Dominique Maillard.
Le maximum de consommation historique est ainsi survenu le 8 février 2012, vers 19 heures, avec 102 100 MW, dont près de 9 000 importés. A l'inverse, la pointe maximale en 2013 ne fut que de 92 600 MW. Dimensionner le système de production et de transport pour répondre à cette demande maximale correspond au choix optimal sur le plan économique. En effet, le coût global d'un black-out serait, par kilowattheure non fourni, «200 fois celui du coût de la production de ce même kilowattheure», avance Dominique Maillard. Or, selon des calculs savants, il pourrait ma




