Liêm Hoang Ngoc est maître de conférences à l’université Paris-I, ancien eurodéputé PS, et cofondateur du club des «Socialistes affligés».
Quelles sont les principales erreurs de la politique économique de l’exécutif ?
Le gouvernement adopte une politique de l’offre alors que 80% des entreprises déclarent souffrir d’un problème de demande. Résultat : le CICE n’a pas produit les effets escomptés et a donc creusé le déficit public plus que prévu. Des marges de manœuvre budgétaires avaient été négociées à Bruxelles : elles ont d’ores et déjà été grillées. Le «pacte de responsabilité» est un immense gaspillage d’argent public.
Dans ce contexte, il faut réorienter l’investissement. Mais le gouvernement commet un grave contresens en assimilant l’investissement à de l’offre. L’investissement est une composante de la demande globale, qui inclut les dépenses de consommation des ménages et d’investissement des entreprises. En toute rigueur, ce qu’on appelle l’offre, c’est l’épargne, celle des actionnaires, qui va gonfler inutilement avec le pacte de responsabilité. L’offre, c’est aussi une offre de travail surabondante, faite de chômeurs involontaires qui souhaiteraient travailler aux conditions du marché, n’en déplaise au ministre du Travail. Par ailleurs, la compétitivité ne se joue pas seulement sur les coûts. Le coût du travail français est inférieur au coût allemand. C’est le coût du capital qui est devenu excessif, la part des bénéfices qui reviennent aux dividendes ne cessant de croître.
Le gouvernement a-t-il sous-estimé la crise ?
Oui. L’Europe est aujourd’hui au bord de la déflation. Cette dépression




