L'année dernière, Pierre Gattaz avait sorti un pin's promettant de créer un million d'emplois. Sans le moindre effet. Résultat, faute d'avoir su honorer sa promesse, il publie un catalogue de conditions à une relance patronale de l'emploi. Les propositions caricaturales du Medef ressemblent à un chiffon rouge. Et le patron des patrons le sait mieux que quiconque. Car en distillant son message dans les Echos, alors même qu'il n'en avait encore rien dit aux partenaires sociaux et au gouvernement, Pierre Gattaz fait non seulement un pied de nez au dialogue social mais entend remettre la pression sur un Premier ministre qu'il avait fait acclamer il y a quelques semaines lors de son université d'été. Mais au petit jeu de la provocation et du chantage à l'emploi, le patron des patrons a surtout abîmé un crédit déjà bien altéré. Non seulement les chiffrages de ses propositions apparaissent - y compris aux yeux des analystes libéraux - inexacts et grossiers, mais il prend en plus la responsabilité d'attiser des braises sociales déjà brûlantes. Car en demandant sans cesse plus d'efforts aux salariés, en exigeant toujours plus de soutiens à un gouvernement qui depuis deux ans a multiplié les aides, le Medef renvoie l'image d'un patronat qui n'entend jamais rien donner en retour. Plutôt que de multiplier les déclarations et poser sans cesse de nouvelles conditions Pierre Gattaz doit répondre clairement aux 40 milliards de baisse des prélèvements dont ont bénéficié les entrepri
EDITORIAL
Braises
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ParEric Decouty
Publié le 15/09/2014 à 19h46
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