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Finance-moi si tu peux

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Pour contourner les banques, des start-up se lancent dans le crédit alternatif en proposant à des particuliers de prêter à d’autres particuliers ou des entreprises.

(Séverin Millet)
Publié le 28/09/2014 à 17h06

Que celui qui n'a jamais eu envie de faire avaler sa cravate à son conseiller bancaire suite à un refus de prêt s'abstienne de lire les lignes qui suivent. Charles Egly, 35 ans, créateur de Prêt d'union, a eu un jour besoin d'emprunter pour payer ses impôts. «J'avais de l'argent de côté mais il était placé et bloqué dans des comptes et supports d'investissement. J'ai trouvé cela plus simple de faire un crédit, dit le start-uper. Problème : je me suis retrouvé avec un revolving à 15%.» D'autres, patrons de PME, enragent devant leur banquier qui renâcle à leur accorder un prêt pour financer le développement de leur entreprise et leur réclame des liasses de paperasses.

Outre-Atlantique, un Français propose depuis longtemps de contourner ces difficultés. Renaud Laplanche, le patron français de Lending Club, a fondé en 2006 aux Etats-Unis la première société de prêt entre particuliers. Cette année, sa plateforme de crowdfunding (lire ci-contre) devrait faire transiter quelque 4 milliards de dollars (3,14 milliards d'euros) de crédits entre prêteurs et emprunteurs. Mais en France, jusqu'ici, la législation autorisait les seuls établissements bancaires agréés à prêter de l'argent. Le gouvernement en a pris conscience : le 28 mai, Arnaud Montebourg, alors ministre de l'Economie, du Redressement productif et du Numérique, présentait une ordonnance autorisant les particuliers à prêter des fonds à d'autres particuliers ou des entreprises, en contrepartie d'une

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