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Interview

«Les banques sont en retard»

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Pour Hugues Le Bret, cofondateur de Compte Nickel, le système actuel est obsolète :

Publié le 28/09/2014 à 17h06

Hugues Le Bret, ancien directeur de la banque en ligne Boursorama, est cofondateur de Compte Nickel, le premier compte bancaire sans banque. Sa société ouverte début février comptera 50 000 clients fin octobre et mise sur 100 000 adhérents en février.

On assiste à l’émergence de nouveaux acteurs en ligne qui tentent de contourner le secteur bancaire. C’est une tendance de fond ?

C’est tout d’abord l’époque qui est favorable avec des évolutions de réglementation. Avant il fallait être un établissement de crédit, posséder des fonds propres… Aujourd’hui, on peut avoir des statuts plus légers pour faire des choses plus simples. Les évolutions technologiques comptent aussi pour beaucoup, qui permettent d’avoir des plateformes, du temps réel de la connaissance client. Il y a aussi les évolutions sociétales qui font que les gens n’ont plus aucune crainte à afficher leur vie sur les réseaux sociaux. Pour résumer, tout ceci se traduit dans le secteur bancaire en terme de crédit, d’épargne ou de tenue de compte comme nous le faisons.

A la manière de l’industrie du disque, les banques ont-elles manqué d’anticipation face aux possibilités offertes par le Net au consommateur ? Ont-elles du souci à se faire ?

Oui et non. Non à court terme parce que les nouveaux modèles vont mettre du temps à se développer et parce qu’il est plus compliqué de quitter sa banque que de télécharger de la musique. La banque, on en aura toujours besoin parce qu’on devra acheter une voiture, un bien immobilier ou qu’on aura de l’argent à placer. Et oui, parce que les gens vont avoir de plus en plus de choix en terme de compétitivité et qu’ils vont aller chercher la meilleure prestation, comme c’est déjà le cas dans les pays anglo-saxons.

Les Français ont en moyenne 8,5 produits par compte (Codevi, assurance-vie, a

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