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Interview

«La fiscalité verte doit être pensée comme un basculement»

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Matthieu Orphelin, de la Fondation Hulot, regrette les reculades du gouvernement :

Publié le 14/10/2014 à 20h06

Porte-parole de la Fondation Nicolas Hulot, Matthieu Orphelin prône un développement de la fiscalité verte, en échange d'une baisse du coût du travail pour les entreprises. Et estime que la démission de l'économiste Christian de Perthuis de la présidence du Comité pour la fiscalité écologique «doit servir d'alerte rouge».

Pourquoi la fiscalité écologique n’avance-t-elle pas en France?

Parce qu’elle est toujours présentée comme une fiscalité additionnelle. C’est cela qui ne va pas. Ce que l’on soutient depuis des années, c’est que la fiscalité écologique doit être pensée comme un basculement fiscal : il faut baisser les charges sur le travail pour augmenter progressivement les taxes sur ce qui est nuisible à l’environnement. Le problème principal des routiers n’est pas l’écotaxe, mais le coût du travail et la concurrence avec des pays étrangers, qui bénéficient de coûts moindres.

Dès lors, qu’attendre du gouvernement ?

Il faut qu’il se ressaisisse de la question écologique dans son ensemble. Qu’il pose les bases d’une évolution fiscale globale sur les cinq années à venir. Ce n’est pas le cas pour l’instant. Par exemple, sur le diesel, le gouvernement annonce pour 2015 une augmentation de 2 centimes par litre, qui ne sera payée que par les citoyens et pas par les transporteurs. Dans nos propositions, nous portions l’idée d’une prime à la conversion du parc automobile : soit l’aide sous conditions de ressources à changer son vieux véhicule diesel contre un neuf. Le gouvernement a repris cette idée dans la loi de transition énergétique, mais dans le projet de loi de finance

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