Menu
Libération
Récit

Etat et tabac, les ruses crapoteuses

Réservé aux abonnés

Une enquête sur la collusion entre l’exécutif et les industriels de la cigarette paraît ce jeudi.

Les recettes fiscales du tabac ont bondi de 30% en dix ans, comme les profits des cigarettiers. (Photo Denis Charlet. AFP)
Publié le 15/10/2014 à 20h06

Officiellement, il s'agit d'un bras de fer entre l'Etat et l'industrie du tabac. Dans un mois, le gouvernement fixera la hausse des prix des cigarettes au 1er janvier. La ministre de la Santé, Marisol Touraine, demanderait 20 ou 30 centimes de plus par paquet. Une perspective dénoncée par les industriels et les buralistes.

Mais ce conflit apparent est en fait un «immense jeu de dupes» qui arrange tout le monde, sauf les fumeurs. C'est ce qu'écrit le journaliste Matthieu Pechberty dans son livre l'Etat accro au tabac, qui sort ce jeudi. Cette enquête fouillée, nourrie de documents exclusifs, démontre comment un «Etat cupide, hypocrite et cynique» fixe chaque année de faibles hausses de prix «pour protéger ses recettes fiscales». Ces mini-hausses, quasi indolores pour les fumeurs, sont calibrées pour ne faire baisser que faiblement la consommation afin d'enrichir l'Etat et l'industrie. Les recettes fiscales du tabac ont ainsi bondi de 30% en dix ans, comme les profits des cigarettiers.

Le tabac tue pourtant 78 000 personnes par an en France. Mais face au pactole de 14 milliards d'euros qu'il rapporte chaque année à l'Etat, «la santé ne fait pas le poids», dénonce Pechberty.

L'ex-ministre de la Santé Roselyne Bachelot le dit pour la première fois ouvertement : elle a préconisé des hausses de prix massives, donc dissuasives, avant de subir la loi de Bercy. «Je ne les ai pas obtenues d'un coup mais au fil de l'eau, en deux

Dans la même rubrique