La partie de poker se poursuit entre Paris et Bruxelles sur les suites à donner au non-respect par la France de ses promesses de retour à un déficit public de 3% dès 2015. Ce lundi, les ministres français des Finances et de l’Economie, Michel Sapin et Emmanuel Macron, rencontreront leurs homologues allemands, Wolfgang Schäuble et Sigmar Gabriel.
Officiellement, la réunion portera sur la définition d’un agenda franco-allemand de réformes et d’investissements, mais aussi sur la préparation du Conseil européen et du sommet de la zone euro de jeudi et vendredi. Les Français espèrent toujours convaincre leurs collègues allemands que Berlin a suffisamment assaini son budget pour rouvrir les vannes de l’investissement public, afin de fouetter la croissance. Mais, en coulisses, c’est la stratégie commune à adopter vis-à-vis du «dérapage» budgétaire français qui devrait être au cœur des discussions.
La France a rendu mercredi un projet de budget non conforme à ses engagements. Pour la Commission européenne, qui a déjà accordé deux ans de délai à Paris, il n'y a donc aucune raison de ne pas retoquer le budget français le 29 octobre. Avec la menace de mettre la France à l'amende. Si rien ne bouge, on s'achemine donc, début novembre, vers un violent duel intra-européen. Or Paris, Bruxelles, mais aussi Berlin veulent à tout prix éviter une confrontation qui ne servirait qu'à démontrer au monde et aux marchés financiers que les Européens sont incapables de s'entendre. Pour les Allemands, un




