Enfant, Pierre-Emmanuel Calmel voulait devenir - être, au sens incarner, serait plus juste - électronicien. De manière définitive, le désormais quadra résume : «L'électronique, j'en fais depuis toujours.» Car quand certains garçons et filles rêvent d'avoir le même maillot de foot que leur idole, lui brûlait de posséder un fer à souder et un oscilloscope. «Avant 14 ans, je faisais mes premiers amplis, rappelle l'ingénieur électronicien formé à l'ENSEA de Cergy-Pontoise. Comme beaucoup de bidouilleurs à cette époque [la fin des années 80, ndlr], j'ai aussi fabriqué des décodeurs Canal +. Mais je le faisais par défi intellectuel car je n'avais pas la télé.» Et, parfois, il arrive que la vie réponde positivement aux desiderata de ses administrés. «Je voulais faire de l'instrumentation et de la mesure industrielle, dit Pierre-Emmanuel Calmel. Je n'ai jamais fait ça de ma vie, mais aujourd'hui je fabrique des produits qui sont extrêmement précis. Il y a un lien, finalement.»
«Piano». Au 126, rue Réaumur, dans le IIe arrondissement de Paris. Coiffé de boucles grisonnantes et chaussé de lunettes cerclées, Pierre-Emmanuel Calmel reçoit dans les locaux de la société Devialet, dont il est le fondateur, qui servent de boutique et de showroom. L'inventeur d'une technologie qu'il a baptisée ADH, pour Analog Digital Hybrid, l'affirme sans ambages : «Mon amplificateur est le meilleur.»<




