Un vent de piraterie souffle sur les boîtes de Pétri, pipettes et autres tubes à essai. Né aux Etats-Unis en 2008, avec l'émergence de communautés ouvertes et collaboratives qui érigent le do it yourself et l'open source en manifeste pour la liberté, et favorisé par la baisse du coût du séquençage génétique et du matériel, le mouvement des «biohackers» s'étend en Europe et sur tous les continents. Une cinquantaine de laboratoires alternatifs ont été créés par des ingénieurs biologistes bidouilleurs et leur nombre ne cesse d'augmenter. Sans compter les clubs qui bricolent dans les garages. Ce sont de véritables bouillons de culture scientifique, où les curieux de tous horizons, simples amateurs, chercheurs, inventeurs, étudiants, artistes et entrepreneurs expérimentent la biologie avec du matériel de récupération.
«Le hack, c'est le détournement, on démonte les portes pour faire des tables ! Ici, on construit un espace de liberté pour que chacun puisse se réapproprier les connaissances, ouvrir des opportunités, travailler sur d'autres modèles, plus ouverts», explique Marc Fournier, cofondateur de la Paillasse, le premier bio hackerspace de France, qui squattait à Vitry-sur-Seine avant d'emménager plus légalement au cœur de Paris, en septembre. Lorsqu'Ellen Jorgensen, chercheur en biologie moléculaire a créé Genspace, le tout premier labo autonome, à Brooklyn (New York), «le but était de montrer de manière transparente que la génétique n'est pas f




