Les milliardaires ne courent pas les rues dans les îles Féroé. Le patron de la compagnie aquacole Bakkafrost, Regin Jacobsen, est même une exception. Avec sa mère, il détient près de 20% du capital de l’entreprise fondée par son père en 1968 et numéro 1 du saumon d’élevage féroïen. Une success story pour l’archipel de 48 500 habitants, situé à mi-parcours entre l’Islande et l’Ecosse, dans l’Atlantique Nord. Depuis début août, le cours de l’action Bakkafrost, coté à la Bourse d’Oslo, a gagné plus de 40%. Le titre se négocie à près de 20 euros, soit 75% de plus que l’action du norvégien Marine Harvest, leader mondial du saumon d’élevage.
Un succès que la compagnie doit en partie à sa percée en Russie, selon l'analyste Kolbjørn Giskeødegård : «Si l'entreprise a doublé ses marges de profit au dernier trimestre, c'est parce qu'elle écoule un quart de sa production, contre 3 % en 2013, sur le marché russe, où les prix ont fortement augmenté.» La raison : l'embargo décrété par Moscou sur le saumon norvégien (plus de 70% des parts de marché), en représailles des sanctions adoptées par Bruxelles et Oslo contre la Russie.
«Trou dans le mur». Pour les îles Féroé, cet embargo est une aubaine car l'archipel a beau être une province autonome danoise, il ne fait pas partie de l'Union européenne. Fallait-il pour autant que le Premier ministre féroïen, le libéral Kaj Leo Holm Johannesen, se rende, début septembre, à Moscou, pour négocier des contr




