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Déroute de l’écotaxe et dézonages collatéraux

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ParPierre-Yves Geoffard
professeur à l’Ecole d’économie de Paris, directeur d’études à l’EHESS.
Publié le 10/11/2014 à 17h16

L’abandon de l’écotaxe par le gouvernement n’a pas fini de déclencher des désastres. Sur le plan politique, la crédibilité de l’Etat est durement affectée : que penser d’institutions publiques qui se contredisent si brutalement, une ministre annulant une mesure votée quelques mois plus tôt par le Parlement, qui plus est à une forte majorité ? Quel encouragement aux lobbys de toutes sortes ! Même lorsque les intérêts privés violent de manière aussi flagrante le bien commun, ils peuvent être entendus…

Mais c’est sur le plan budgétaire, et donc économique, que le mal est le plus profond. L’écotaxe visait à modifier les comportements, pour freiner l’usage de la route et développer celui des transports en commun. L’une de ses grandes vertus était d’agir de manière double pour cet objectif : d’une part, selon le principe du pollueur-payeur, le prélèvement renchérissait le coût du transport routier, ce qui pouvait pousser des entreprises à chercher des solutions alternatives ; d’autre part, une part importante des recettes était affectée à l’investissement dans les infrastructures de transport collectif, ce qui permettait de financer le développement de celui-ci. Bref, elle permettait à la fois une amélioration de la qualité des transports en commun et une baisse de leurs coûts relatifs. Patatras ! Il va falloir trouver autre chose…

Augmenter le coût d’utilisation de la route reste pourtant une nécessité. Ce besoin sera d’autant plus impérieux que la forte baisse du prix du pétrole d

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