Au moins, la pelouse est à nouveau tondue depuis la fin des combats à Tripoli. Pour le reste, le siège de la Compagnie nationale du pétrole (NOC), à l'image de la Libye, reste en jachère. Alors que se profile le 27 novembre, une importante réunion de l'organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), l'entreprise étatique ne sait toujours pas qui représentera le pays. Pendant que les jardiniers rafraîchissent le gazon, les cadres se terrent dans leur bureau. Le standardiste, combiné dans une main et café au lait dans l'autre, répond invariablement : «Il n'est pas joignable.» «Vous savez la situation est compliquée, donner un nom ce n'est pas possible», lâche un porte-parole au téléphone.
Depuis septembre, deux pouvoirs se font face : d’une part le «gouvernement de salut national», basé à Tripoli, soutenu par le groupe «Aube libyenne» et leurs alliés islamistes, et composé de révolutionnaires radicaux ; d’autre part le gouvernement installé dans l’est du pays, dans la ville de Tobrouk, et placé sous la protection de la Chambre des représentants, de tendance modérée. Cette dernière a été invalidée par la Cour suprême le 6 novembre… mais est toujours reconnue par l’ONU. Cette crise politique, qui déborde en affrontements militaires, paralyse la Libye depuis cet été. Y compris le marché pétrolier qui représente 90% du revenu du pays, selon un rapport du Bureau d’audit libyen de juin 2013. Les deux exécutifs rivaux s’accordent pour estimer la production actuelle d’or




