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Enquête

Transhumanisme: un corps pièces et main d'oeuvre

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Google en tête, les géants du Web partent à l’assaut du business de la santé, sous couvert de lutter contre la maladie et le vieillissement...

Photo de « Real Humans », le cyber des mondes
Publié le 07/12/2014 à 18h06

«Quand on me demande mon âge, j'ai envie de répondre : mon bras gauche a 10 ans, mon sein droit a 2 ans, mes dents 5 ans…» Cette bonne blague, lancée par la bien nommée Natasha Vita-More («vivre plus») lors du colloque Transvision sur «les implications sociétales du transhumanisme» (1), en dit long sur le projet de ce courant de pensée en pleine ascension qui prône «l'augmentation» du genre humain par la technologie… Silhouette avantageusement moulée dans sa robe de créateur, l'artiste, auteure et culturiste ne fait pas ses 64 ans. Loin s'en faut. Mais de plus près, on voit en effet que toutes les pièces ne sont pas d'origine… La notion de corps alternatif, c'est justement le business de cette Californienne, à l'origine d'un prototype de corps post-humain, bardé de techno-produits. Egérie de l'organisation internationale Humanity+, qui compterait quelque 6 000 membres, elle défend une «utilisation éthique» des technologies émergentes pour renforcer les capacités humaines.

Cette nouvelle techno-religion, issue de la cyberculture et particulièrement active en Californie, se répand depuis les années 80, étend son influence jusqu'au cœur de la National Science Foundation et du département du Commerce américain, et grandit en Europe. Le scientifique anglais Aubrey de Grey, dont les recherches contre les affres de la sénescence cellulaire sont en partie financées par Peter Thiel, le magnat américain du service de paiement

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