Après trois mois de colère et de grèves, Felipe Rodriguez Baeza arbore un large sourire. Le président d'ATM (la principale association de taxis à Madrid) a de bonnes raisons d'espérer que la multinationale de taxis alternatifs Uber ait reçu un coup mortel. Mardi, un juge de la capitale espagnole a ordonné l'interdiction «sur tout le territoire national de [leur système] mettant en contact les usagers et les chauffeurs», connu sous le nom d'UberPop. Et ce, pour «manque d'autorisations administratives nécessaires», mais aussi parce que l'entreprise est gérée «depuis le paradis fiscal américain du Delaware». Une décision qui intervient, après celle des Pays-Bas (lire Libération de mardi).
Le juge donne ainsi raison aux taxis locaux qui depuis septembre, et l'arrivée d'Uber à Madrid, exigent son interdiction, arguant d'«une concurrence déloyale». Le magistrat a aussi demandé d'agir contre la page web et la société par laquelle s'effectue le paiement électronique entre usagers et chauffeurs non-professionnels utilisés par Uber. Dans l'attente de l'application de la décision judiciaire, Felipe Rodriguez Baeza n'a pas de mots assez dur contre la multinationale présente dans 52 pays, et plus de 200 villes - dont, en Espagne, Madrid, Barcelone et Valence : «Nous ne demandions pas l'impossible, seulement la prohib




