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Le CV anonyme, un plus mais pas un remède miracle

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Publié le 14/12/2014 à 19h26

Le CV anonyme est une arme efficace contre les discriminations liées à l'origine, mais il ne suffit pas à effacer toutes les inégalités, conclut une expérimentation menée dans l'Essonne, au moment où le gouvernement doit décider de généraliser ou non le dispositif. Depuis le début de l'année, le conseil général (4 700 agents) teste le CV anonyme pour ses recrutements, en partenariat avec l'Observatoire des discriminations. Celui-ci a comparé les données «anonymisées» du premier semestre 2014 avec celles «non anonymisées» du premier semestre 2012. Grâce au dispositif, les candidats portant un prénom discriminant ont 32% de chances supplémentaires d'être convoqués en entretien et 36% d'être embauchés, selon les résultats, dont l'AFP a obtenu une copie. Sont considérés comme «discriminables» les prénoms turcs, maghrébins et d'Afrique subsaharienne.

«On constate que le CV anonyme est bénéfique et positif», commente pour l'AFP le président PS du conseil général, Jérôme Guedj, qui a décidé de «généraliser ce type de recrutement» dans sa collectivité. Ce n'est toutefois pas un remède miracle. Les porteurs de prénoms discriminables restent malgré tout moins bien lotis que les autres : 26% de chances en moins de passer un entretien et 32% d'être recrutés. La persistance de tels écarts s'expliquerait d'abord par le fait que les recruteurs de la collectivité privilégient les candidatures internes et les fonctionnaires, deux catégories où les

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