Il aurait préféré nous faire visiter un autre de ses centres d'hébergement pour demandeurs d'asile : à Haparanda, par exemple, près de la frontière finlandaise, à 1 000 kilomètres au nord de Stockholm. L'homme d'affaires suédois Bert Karlsson vient d'y louer, via sa société Jokarjo, «un hôtel grand luxe, inauguré il y a quatre ans à peine, avec spa et sauna». Il n'en est pas peu fier : «Ça va être le plus beau centre d'accueil de demandeurs d'asile au monde !»
A côté, Ekeberg, en plein centre de la Suède, fait figure d’internat pour enfants de bonnes familles. Niché au milieu des bois, l’ancien sanatorium aux façades jaunes et blanches, plafonds hauts et sols recouverts de carrelage, a été construit au début du siècle dernier. On y soignait les tuberculeux, avant d’accueillir les rescapés des camps de concentration allemands. Bert Karlsson l’a racheté à l’automne 2012. Il a investi une dizaine de millions de couronnes (un million d’euros) dans sa rénovation, puis signé son premier contrat avec le Bureau des migrations (Migrationsverket) pour l’hébergement de 400 personnes.
Télé-réalité. «J'ai pris un sacré risque», dit-il. Le pari a payé : la Suède est aujourd'hui le pays qui accueille, proportionnellement à sa population, le plus de demandeurs d'asile en Europe. Les autorités tablent sur l'arrivée de 80 000 personnes cette année ; jusqu'à 105 000 en 2015. Certains seront hébergés chez des proches. «Mais les




