Le centre commercial de Cresta, dans la banlieue nord de Johannesburg, est l'un des plus animés de la ville. A l'approche des fêtes, les boutiques sont pleines et les clients prêts à dépenser. Mais tout à coup, les rayons sont plongés dans l'obscurité. La plupart des magasins, craignant les vols, ferment alors leurs portes. Soupirs et commentaires agacés s'élèvent. «Samedi dernier, ce n'est jamais revenu. On a passé la journée à attendre, dit Zanele Ndlovu, employée d'un magasin de décoration. On ne peut effectuer aucune transaction, donc les clients doivent abandonner leurs achats et revenir plus tard.»
Depuis le début du mois de novembre, pour pallier le manque d'électricité dans le pays, les Sud-Africains subissent coupures arbitraires et délestages programmés. C'est la crise énergétique la plus importante depuis celle de 2008, qui avait précipité la chute du président Thabo Mbeki. Une situation qui pose un réel problème pour les entreprises et les commerces, dont certains ont dû s'équiper de générateurs. «Deux week-ends de suite, nous avons perdu près de 80% de notre chiffre d'affaires, dit Christel Herbst, propriétaire d'un salon de coiffure. Nous avons décidé de faire un investissement, vu que la situation risque de durer.» Le développement rapide du pays n'a pas été suffisamment anticipé. La construction de nouvelles centrales a pris beaucoup de retard, celles existantes ont été mal entretenues. «Il n'y a pas de marge de réserve.




