Les files d’attente s’allongent inexorablement devant les bureaux de change. Les Moscovites qui ont encore une épargne en rouble sont venus ici pour s’en défaire au plus vite. Car la baisse de la devise russe, qui dure depuis le début de l’année, vient soudainement de s’accélérer. Ce mardi 16 décembre, la chute est vertigineuse : 20%. En un an, la monnaie nationale aura perdu la moitié de sa valeur face au dollar. Pour le reste de la population, soit l’écrasante majorité, pour laquelle les fins de mois sont rudes, c’est la descente aux enfers. Sans le moindre rouble de côté, impossible de se protéger contre la valse des étiquettes.La chute de leur monnaie entraîne un effondrement du pouvoir d’achat des Russes. Envolée des prix, entreprises à la peine pour rembourser des dettes en billets verts, le rouble aura d’abord chuté avec la crise ukrainienne et ses conséquences : des sanctions occidentales. Avec en prime des capitaux qui ont fui en masse. Un phénomène évalué à quelque 120 milliards de dollars (100 milliards d’euros). Mais c’est, surtout, la faute au pétrole, dont le prix du baril a été divisé par deux en six mois. La Russie se voyait chef de file des Brics, ces fameuses puissances émergentes (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud). Elle se découvre vulnérable. A l’instar de Poutine, elle réalise à quel point la rente pétrolière est loin d’être une assurance. Elle découvre surtout la faiblesse de son modèle de développement bâti sur les revenus de l’or noir. Or
Le rouble ne vaut plus un kopeck
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Menue monnaie.
Publié le 30/12/2014 à 17h46
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