C'est le mot tendance. De la vente à la réparation auto, de la pièce détachée aux sociétés de location, tout «frémit». «Depuis le mois de janvier, le marché frémit. L'économie frémit», a insisté le président du comité des constructeurs français d'automobiles (CCFA), Patrick Blain, mercredi. Il commentait la progression des immatriculations de voitures neuves particulières en mars. Une augmentation de 9,3% par rapport à mars 2014, qui suit de bons mois de janvier et de février. Au premier trimestre, la hausse se situe à 6,9%, un chiffre «qui commence à être sympathique», s'est-il félicité.
Qui profite de ce «frémissement» ?
Trio de tête du premier trimestre : la Renault Clio (6% du marché), suivie de la Peugeot 208 (4,7%) et du Captur, version «crossover» de la Clio. Globalement, la hausse de mars profite quasiment à l'ensemble des constructeurs. PSA affiche +7,9% et le groupe Renault bondit à 8,1%. Une anomalie : Dacia chute de 13,6% au premier trimestre 2015. Une baisse que Renault explique par le succès de la Duster 2, lancée fin 2013 : «Les livraisons aux clients sont arrivées quelques semaines après.» D'où un début d'année 2014 exceptionnel qui, selon le groupe, fausse la comparaison.
Côté étranger, BMW s'amuse à +23,9%, Mercedes se promène à +40,1%. «C'est vrai qu'on est sur des hausses de volumes qui sont plutôt bonnes, surtout en mars», constate Didier Chabrier, à la tête d'un réseau de concessions dans le sud de la France. Et de rappeler que le parc automobile en France n'a jamais été aussi vieux et qu'il existe «une capacité à vendre».
Des perspectives prudentes
Le CCFA, surpris par cette augmentation, a donc revu ses prévisions à la hausse. «En décembre, on pensait que 2015 serait comparable à 2014. Désormais, on table sur une hausse de 2%. Et on est très conservateur», précise son porte-parole, François Roudier.
Le marché, il est vrai, reste fragile, dopé par «les promotions ultra attractives des constructeurs», rappelle un vendeur. Autre élément qui appelle à la mesure : la vente aux particuliers est toujours en baisse. «Avant elle chutait, relativise François Roudier. Il y a donc du mieux.» Elle est surtout compensée par les ventes de flottes automobiles et les ventes «tactiques», notamment les voitures de démonstration placées dans les concessions et qui sont finalement bradées comme «occasion zéro kilomètre», réduisant d'autant plus les marges. Selon les Echos, ce marché tactique représentait 28% du marché en mars.
Autre chiffre qui incite à la réserve : le marché du véhicule utilitaire léger reste stable (+0,4% au premier trimestre), plombé par le bâtiment, secteur sinistré.
Une reprise du marché de l'emploi
Faussées ou non, «les ventes, ça reste des ventes», lance-t-on au CCFA. Conséquence : alors que l'emploi dans les services de l'automobile a connu une baisse presque non stop depuis les années 2000, la courbe s'est stabilisée début 2014. Et le nombre de postes créés au second semestre devrait être supérieur au nombre de postes supprimés, lâche-t-on au syndicat patronal CNPA. Les embauches sont là, assure Autorecrute, un site d'offres d'emploi automobile, filiale du groupe Argus. «En 2012, nous avions entre 800 et 900 offres d'emploi quotidiennes, se rappelle Bertrand Ricq, directeur marketing du groupe. Aujourd'hui, on tourne autour de 1 500 annonces. Les employeurs ont besoin de gens, et tout de suite.» Pas de frémissement pour cet autre consultant à l'Argus : «La reprise est là», il la voit.




