Cela reste un marché de niche, mais la voiture électrique affirme lentement sa présence sur les routes françaises, urbaines et péri-urbaines. Les immatriculations de ces véhicules propres neufs ont bondi en mars de 55% sur un an, selon le baromètre mensuel publié par l’Association nationale pour le développement de la mobilité électrique (Avere).
Des chiffres confirmant un début d'année excellent, après le doublement des ventes en février et une progression de 54% en janvier. «En fait, on retrouve des hausses mensuelles normales, de l'ordre de 60% en moyenne, après un tassement en début d'année 2014», précise Joseph Beretta, président de l'association. A l'époque, le décret bonus-malus excluait des aides les véhicules en location longue durée, une décision qui avait été corrigée en juillet, entraînant une reprise de la hausse dès la fin d'année 2014. Autre explication à ces bons chiffres : la commercialisation de nouveaux modèles depuis janvier, venant étoffer l'offre.
Si ces résultats sont flatteurs, ils restent tout relatifs au vu de la petite quantité de véhicules vendus. Le mois dernier, ce sont 1 621 voitures électriques qui ont été immatriculées, soit 580 modèles de plus qu'il y a un an. A titre de comparaison, plus de 196 000 voitures neuves ont été immatriculées le même mois en France… «L'électrique représente 0,6% du marché automobile français», précise le baromètre.
La Renault Zoe se taille la part du lionceau, avec 570 immatriculations, soit près de la moitié du marché, suivie de la Nissan Leaf (330 modèles) et de la BMWi3 (97 modèles). Des bons chiffres donc, qui pourraient très vite être dopés grâce à l'énorme coup de pouce du gouvernement. Depuis le 1er avril, les acquéreurs d'une voiture propre peuvent bénéficier d'un «bonus écologique» allant jusqu'à 10 000 euros, en échange de la mise au rebut d'un véhicule diesel datant d'avant 2001. «Avec ce bonus, on espère bien voir encore accélérer les ventes en avril, mai et juin», dit Joseph Beretta.
Qui voit ainsi tomber l'un des deux principaux freins à l'achat parmi les particuliers. «Un véhicule électrique est désormais quasiment au même prix qu'une voiture thermique.» Reste à résoudre le problème de l'autonomie, l'autre grand frein au développement de la voiture électrique. L'Avere avait publié une enquête en septembre révélant que 28% des Français étaient prêts à acheter un véhicule dans les prochains mois. La fin de l'année dira si ces intentions se concrétiseront.




